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En attendant que la migration du blog sur OverBlog soit effective, je ne pouvais m'empêcher d'écrire cet article suite à la diffusion du reportage d'Enquête Exclusive (M6) sur Madagascar hier (diffusé dimanche dernier en France). 

J'ai vu des dizaines et des dizaines de reportages sur Madagascar, mais celui d'Enquête Exclusive m'a le plus fait mal au coeur ! Cela déchire le coeur et l'âme d'autant plus que ce qui y était dit est vrai.

De l'extérieur, on entend souvent parler de pauvreté, un quotidien ardu pour la population, on voit parfois des images dures, mais Madagascar, pour les étrangers, reste cette île magnifique bordée de plages époustouflantes de beauté, une nature d'autant plus belle qu'elle est sauvage, une flore et un faune endémiques qui font baver d'envie les étrangers.

Mais derrière ces images se cachent souvent une misère sans nom, et une population à la merci de la voracité des "vazaha" (blancs). Pas tous, rassurez-vous ! Car on y vient bien pour y passer des vacances inoubliables, pour admirer une nature d'une beauté sans pareil, on y vient aussi pour beaucoup d'autres choses, et des centaines "vazaha" viennent beaucoup pour aider la population, pour tendre la main et essayer d'apporter un petit rayon de soleil à une population exsangue et complètement démunie. 

Et puis, il y a les autres "vazaha", ceux qui sont venus pour s'enrichir, profiter de la pauvreté et des prix bas pour acheter des terres à tour de bras, détruire les mangroves et les plantes endémiques pour y construire des hôtels. Et puis, il y a ceux qui viennent s'offrir ce qui leur est interdit chez eux : de la chair fraîche à des prix dérisoires ! Les plages pullulent de jeunes filles dont l'âge est de plus en plus jeune, et de "vazaha" au regard vicieux dont les intentions ne font pas de doute. 

Et tout çà, au nez et à la barbe de tout le monde, avec la complaisance scandaleuse des autorités locales et de certains hôteliers, corrompues et pourries jusqu'à la moelle ! Sans vouloir préjuger d'une affaire qui n'est pas encore à ce jour résolue, j'ai tendance à comprendre - même si je la condamne fermement - la vindicte populaire dont deux européens ont fait l'objet que une plage de Nosy-Be il y a quelques mois, car la population n'a plus confiance en la justice et aux autorités locales et a décidé de se protéger et de se faire justice elle-même. 

Je dénonce cet Etat absent et sourd aux cris de sa population, aveugle (délibérément ?)face aux terres qui partent entre les mains étra,gères pour des bouchers de pain et dont la population ne voit jamais le bénéfice, cette corruption et ce laisser-faire généralisés qui détruisent tout, jusqu'au dernier rempart d'une population sans défense et livrée à elle-même. 

Je dénonce l'attitude de certains "vazaha" qui profitent et exploitent la misère d'autrui pour s'en mettre plein les poches, piétiner la dignité et l'insouciance de centaines de jeunes filles et parfois de petites filles pour en faire des esclaves de leurs besoins bestiaux. Je dénonce la condescendance de ces "vazaha" qui se comportent comme en terre conquise, qui perpétuent une colonisation d'une autre forme. 

Je dénonce certains professionnels du tourisme qui répondent à l'appât du gain et ferment les yeux, ou pire, sont complaisants face à des comportements outrageux. 

Je suis d'accord avec Bernard de la Villardière quand il parle d'enfer au paradis, mais salue tout autant que lui ces milliers d'hommes et de femmes qui se battent au quotidien pour soulager la population de la dureté du quotidien, qui se battent pour apporter leur pierre à l'édifice d'un développement qui tarde à venir, qui apportent de nouvelles idées pour aider, tendre la main, rendre le sourire et la dignité des plus démunis et de ceux que la vie n'a pas gâtés. Je suis assez d'accord quand il dit que Madagascar reste, malgré tout, une terre de défis, un labo d'idées belles et généreuses pour des actions humanitaires et sociales de genres toujours renouvelés et inédits.

Puisse l'avenir lui donner raison !